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lundi 10 août 2026

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Pourquoi on adore essayer la VR mais beaucoup moins la porter tous les jours
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Pourquoi on adore essayer la VR mais beaucoup moins la porter tous les jours

La réalité virtuelle gagne souvent le premier rendez-vous et perd la routine. Même Apple et Meta se heurtent à un problème très humain: un casque doit être assez utile pour mériter son poids, son prix et la petite coupure avec le monde autour.

Essayer la réalité virtuelle reste l’une des démonstrations technologiques les plus faciles à aimer. En quelques secondes, un petit salon devient une salle de cinéma, un terrain de jeu ou un bureau rempli d’écrans géants. Le «wow» arrive vite. Le vrai test arrive le lendemain: est-ce qu’on a envie de remettre le casque?

Cette question suit la VR depuis longtemps. Le Virtual Boy de Nintendo promettait déjà une expérience différente en 1995, mais il a disparu après environ 770 000 ventes. Google Cardboard a ensuite fait goûter la VR à cinq millions de personnes en utilisant simplement un smartphone. Puis Daydream a tenté d’en faire un produit plus abouti sans réussir à installer une habitude durable.

Oculus a relancé le rêve avec des appareils bien plus crédibles. Facebook a racheté la société pour environ deux milliards de dollars, puis est devenu Meta en 2021 avec un message immense: le métavers allait devenir le prochain espace social.

La réalité financière est moins légère. Les chiffres rassemblés dans l’enquête de Science Official «Why Virtual Reality Keeps Missing the Mass Market» montrent environ 92,2 milliards de dollars de pertes opérationnelles cumulées pour Reality Labs entre 2020 et le premier semestre 2026.

Cette somme ne correspond pas uniquement au métavers: Reality Labs travaille aussi sur l’AR, les lunettes, les logiciels et d’autres technologies. Mais elle rappelle qu’une entreprise peut améliorer un produit pendant des années sans réussir à transformer son usage en réflexe de masse.

Apple Vision Pro semblait offrir une réponse: si l’appareil devient assez beau, assez précis et assez fluide, peut-être que la gêne disparaît. Le suivi des yeux et des mains est effectivement remarquable. L’utilisateur peut voir son environnement et organiser des fenêtres virtuelles autour de lui. Pourtant, le modèle M5 coûte toujours au moins 3 499 dollars aux États-Unis.

Et il se sent. Apple annonce environ 750 à 800 grammes pour le casque selon la configuration, sans compter une batterie externe de 353 grammes. Le nouveau bandeau utilise même un contrepoids pour améliorer l’équilibre. Ce n’est pas un détail glamour, mais c’est une information essentielle quand un objet est censé rester sur le visage.

Les recherches sur la VR montrent aussi que le cybersickness n’a pas disparu et que le poids ainsi que le centre de masse influencent le confort. Mais même un casque parfaitement équilibré devrait encore résoudre un autre problème: notre vie n’est pas organisée en «sessions immersives».

On regarde son téléphone trente secondes en attendant un ami. On ouvre son ordinateur deux minutes pour vérifier un mail. On met de la musique en parlant avec quelqu’un. Le casque, lui, demande un geste plus fort. Il signale qu’on entre dans un autre espace, même lorsque ses caméras laissent voir la pièce.

Pour une séance de jeu, une expérience culturelle, du sport ou une formation, cela peut être exactement ce qu’on recherche. Pour les dizaines de micro-moments qui composent une journée, c’est souvent trop.

Le prochain chapitre de la mode technologique est peut-être déjà visible. IDC prévoit environ 13,6 millions de smart glasses sans écran en 2026, contre environ 3,2 millions d’appareils de réalité mixte. Les lunettes font moins de cinéma, mais elles peuvent rester sur le nez.

Après des années où la tech rêvait de nous faire quitter la réalité, le produit le plus séduisant pourrait finalement être celui qui nous laisse regarder le monde, les gens et nos propres vies — avec juste un peu d’intelligence numérique ajoutée dans un coin.