Une cour d'appel fédérale autorise le Pentagone à classer Anthropic comme risque pour la chaîne d'approvisionnement
La Cour d'appel fédérale du circuit du District de Columbia a rejeté, par deux voix contre une, la contestation d'Anthropic. Le Pentagone peut donc continuer à écarter les modèles Claude de ses systèmes et interdire leur usage au sein du département de la Défense.
La Cour d'appel fédérale du circuit du District de Columbia a rejeté la contestation d'Anthropic contre la décision du gouvernement américain de classer l'entreprise d'intelligence artificielle comme risque pour la chaîne d'approvisionnement. Par deux voix contre une, les juges ont donné raison au Pentagone, qui peut désormais poursuivre le retrait des modèles Claude de ses systèmes et interdire leur utilisation pour les travaux du département de la Défense.
Le litige remonte au mois de février, lorsque le président Donald Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont accusé Anthropic de mettre en danger la sécurité nationale et ont désigné l'entreprise comme risque pour la chaîne d'approvisionnement. Le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, a refusé de céder, invoquant la crainte que ses produits soient utilisés pour la surveillance de masse ou pour des drones armés autonomes.
Dans l'opinion majoritaire, le juge Gregory G. Katsas a estimé que le département « craignait raisonnablement qu'Anthropic puisse manipuler la conception de Claude pour l'empêcher d'exécuter des fonctions de sécurité nationale que le département juge contractuellement autorisées et nécessaires ». Cette décision s'inscrit dans un bras de fer plus large entre le laboratoire d'IA et l'administration américaine autour des conditions d'utilisation de ses modèles dans un cadre militaire.
La décision de vendredi est distincte de celle rendue cet été par une juge fédérale en Californie, qui avait conclu que le Pentagone avait agi illégalement en punissant l'entreprise pour ses critiques des orientations du département en matière d'IA. Le dossier tranché à Washington portait sur une autre règle utilisée par le Pentagone pour tenter de qualifier Anthropic de risque pour la chaîne d'approvisionnement.
Un porte-parole d'Anthropic a déclaré que l'entreprise « n'était pas d'accord » avec la décision de la cour. « Une autre cour fédérale a déjà jugé illégale la désignation parallèle du gouvernement », a poursuivi le porte-parole. « Nous restons confiants dans notre position et envisageons toutes les options, y compris un réexamen. » La Maison-Blanche n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.
Cette affaire illustre les tensions croissantes entre les pouvoirs publics américains et les acteurs de l'intelligence artificielle sur les usages militaires et sécuritaires de leurs technologies. Pour Anthropic, la décision de la cour d'appel signifie que le Pentagone peut maintenir l'exclusion de ses produits, une situation susceptible de peser sur ses relations avec d'autres agences fédérales et sur sa position dans le secteur.
L'entreprise n'a pas précisé quelles suites elle entendait donner à cette décision. Le dossier californien, qui a conclu à l'illégalité de la sanction liée aux critiques d'Anthropic, reste pendant et pourrait offrir à l'entreprise un autre terrain de contestation. En attendant, le classement comme risque pour la chaîne d'approvisionnement demeure en vigueur, et le Pentagone conserve la possibilité d'écarter Claude de ses systèmes.
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