Les ministres européens de l'Intérieur ont défendu l'espace Schengen à l'occasion d'une réunion consacrée à la crise migratoire de Ceuta, estimant qu'il n'était pas le problème, mais bien la solution. Laurent Nuñez, qui participait à cette rencontre, a rapporté cette position commune à l'issue des discussions, alors que l'Espagne fait face à un afflux sans précédent de migrants dans son enclave d'Afrique du Nord.
Réunis mardi 4 août, les ministres ont exprimé « leur profonde solidarité envers l'Espagne », a indiqué Laurent Nuñez. La rencontre faisait suite à l'arrivée en quelques jours de dizaines de milliers de migrants à Ceuta, un mouvement d'une ampleur inédite qui a placé la gestion des frontières extérieures de l'Union européenne au cœur de l'actualité.
« Schengen n'est pas le problème, mais la solution », a affirmé le ministre français de l'Intérieur, résumant le consensus dégagé lors de la réunion. Selon lui, les ministres sont convenus que l'espace de libre circulation européen devait être préservé et qu'il constituait un outil de réponse à la crise plutôt que sa cause.
La crise a atteint une dimension exceptionnelle. Selon Madrid, 72 000 migrants sont entrés illégalement dans le territoire espagnol ces derniers jours. Le ministère espagnol de l'Intérieur précise toutefois que près de 70 000 de ces personnes sont depuis reparties vers le Maroc, ce qui suggère que les dispositifs de retour ont largement fonctionné.
Ceuta, enclave espagnole située en Afrique du Nord, a été le principal point d'entrée de cet afflux. Des migrants ont été vus marchant le long du littoral de l'enclave après y avoir pénétré le 31 juillet. Si la ville est un point de passage régulier pour les candidats à l'entrée en Europe, elle a rarement connu un mouvement d'une telle ampleur.
La réunion des ministres européens de l'Intérieur avait précisément pour objet de coordonner la réponse à cette situation. Au-delà des déclarations de solidarité, les discussions ont montré que les États membres entendent défendre l'espace Schengen, régulièrement montré du doigt en période de tension migratoire, plutôt que de le remettre en cause.
Pour les participants, la crise de Ceuta démontre l'importance d'une approche collective. Le retour rapide d'une grande majorité des migrants vers le Maroc, rendu possible par la coopération entre Madrid et Rabat, a été salué comme un élément positif. Cette coopération, et plus largement les relations avec les pays d'origine et de transit, devrait rester au centre des prochaines discussions européennes.
Cette réunion avait valeur de test pour la solidarité européenne. En affichant une position commune, les ministres ont répondu aux critiques qui pointaient l'espace Schengen du doigt après l'afflux de Ceuta. Les chiffres communiqués par Madrid, qui font état de près de 70 000 retours vers le Maroc sur 72 000 entrées, ont conforté l'idée que la coopération bilatérale et le cadre européen pouvaient fonctionner.
En défendant ce cadre, les ministres envoient le signal que la réponse à l'afflux de migrants à Ceuta passera par la coordination et la solidarité entre États membres. Cette position contraste avec les critiques récurrentes dont l'espace Schengen fait l'objet et que Laurent Nuñez a explicitement écartées: pour les ministres, le problème ne vient pas de la libre circulation, mais de la nécessité de mieux gérer ensemble les frontières extérieures de l'Union.



