L'Ukraine a de nouveau frappé le géant russe du commerce en ligne Wildberries. Dans la nuit de jeudi à vendredi, au 1 618e jour du conflit, une attaque a visé un entrepôt de l'entreprise à Volgograd, dans le sud de la Russie, provoquant un incendie, a annoncé la compagnie sur Telegram.

« À la suite d'une attaque contre un site logistique de l'entreprise à Volgograd, un incendie s'est déclaré », a indiqué Wildberries, précisant que « d'après les premières informations, il n'y a pas de victimes ». Les chaînes logistiques ont été réorganisées et la réception des livraisons comme l'expédition des commandes sont assurées sur d'autres sites, a ajouté la plateforme.

Depuis le début de la guerre, Wildberries est accusée de faciliter le contournement des sanctions occidentales en proposant des marchandises autrement introuvables en Russie. L'entreprise est dans le collimateur des frappes ukrainiennes depuis environ deux semaines. Jeudi, deux entrepôts ont déjà été touchés, dans la région de Penza, à l'ouest, et à Sarapoul, à environ 1 100 kilomètres à l'est de Moscou.

Sur le volet diplomatique et militaire, le président américain Donald Trump a fait part de ses hésitations concernant la production de missiles intercepteurs Patriot par l'Ukraine. Interrogé par le Financial Times, il s'est dit « pas sûr » d'accorder son feu vert à Kiev. « Nous regardons ça », a-t-il déclaré, ajoutant: « C'est un armement vraiment extraordinaire et nous devons être un petit peu prudents à qui nous accordons une licence. »

Cette question est cruciale pour l'Ukraine, dont la défense antiaérienne repose en grande partie sur les systèmes américains Patriot, présentés comme les seuls capables d'abattre les missiles balistiques russes. Kiev manque cruellement de missiles intercepteurs PAC-3, une pénurie aggravée depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran en février. La défense contre les missiles balistiques est décrite comme la « priorité absolue » par les autorités ukrainiennes, alors que la Russie intensifie ses frappes.

En visite à Washington mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait indiqué avoir « discuté de licences pour la production d'intercepteurs Patriot » avec Donald Trump lors de leur entretien à la Maison-Blanche. Début juillet, le président américain avait pourtant fait part de sa volonté d'autoriser l'Ukraine à produire ces missiles sol-air.

Dans un entretien accordé à la chaîne américaine Fox News, Volodymyr Zelensky a par ailleurs avancé des bilans humains très lourds: la Russie aurait perdu « environ 1,6 million de personnes, dont environ 700 000 morts » depuis l'invasion de l'Ukraine. Le président ukrainien a également estimé que 50 000 soldats ukrainiens étaient morts et que 400 000 avaient été blessés.

La Pologne, de son côté, a convoqué l'ambassadeur de Russie à Varsovie après l'explosion d'un missile de croisière russe près de la localité de Tarnawa-Kolonia, dans la région de Lublin, à environ 80 kilomètres de la frontière ukrainienne. L'engin a explosé jeudi alors que la région de Lviv était la cible de frappes russes au même moment. L'explosion n'a fait aucune victime mais a laissé un cratère de dix mètres de diamètre et de cinq mètres de profondeur.

L'ambassadeur s'est vu remettre une note de protestation et a entendu « une condamnation sans équivoque des actions hostiles visant la sécurité d'un État souverain », a déclaré aux journalistes Maciej Wewior, porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères. « Toute escalade à la frontière de l'Union européenne et de l'Alliance atlantique est inacceptable », a-t-il ajouté. Cette convocation avait été annoncée plus tôt dans la journée par le Premier ministre polonais Donald Tusk.

En France, le photojournaliste français Antoni Lallican, tué dans une attaque de drone dans le Donbass en octobre 2025, a reçu la Légion d'honneur, a-t-on appris ce vendredi.