Le président américain, Donald Trump, a annoncé qu’il renonçait à de nouvelles frappes massives contre l’Iran, à la demande de pays de la région, à condition qu’un accord avec Téhéran soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d’Ormuz. Il a également annoncé une reprise des négociations avec la République islamique, prévue lundi.
Ce revirement, annoncé samedi soir, intervient alors que le président américain avait menacé l’Iran d’une nouvelle attaque majeure. Il a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique. Dans son avion présidentiel, dimanche soir, Donald Trump a justifié ce changement de cap par la prise de conscience iranienne de l’ampleur des frappes qui se préparaient. « Bien sûr qu’ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l’ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme », a-t-il déclaré. « Ce que l’on fait maintenant, c’est parler avec eux sous la forme d’une négociation », a-t-il ajouté, précisant que les discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.
Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n’avaient, dans l’immédiat, confirmé la tenue de ces discussions. L’Iran s’est toutefois dit dimanche proche d’un accord avec Oman sur le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, essentiel au commerce mondial d’hydrocarbures, est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise des affrontements avec les États-Unis au début du mois de juillet.
Le détroit d’Ormuz se trouve au cœur des tensions depuis plusieurs mois. La signature, à la mi-juin, d’un protocole d’accord n’a pas encore débouché sur une percée diplomatique majeure susceptible de mettre fin à un conflit qui, depuis plus de cinq mois, embrase le Moyen-Orient et ébranle l’économie mondiale. L’Iran n’autorise pour l’heure qu’un seul itinéraire le long de ses côtes et entend conserver le contrôle de cette voie de passage, située également dans les eaux omanaises. En juin, la mise en place d’une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes, mais un compromis semble désormais se dessiner du côté de Téhéran, Mascate n’ayant pas réagi dans l’immédiat.
Ces signaux diplomatiques ont eu un effet immédiat sur les marchés. À la réouverture des échanges, lundi matin, les cours du pétrole ont nettement reculé: le baril de Brent, référence du marché mondial, perdait près de 5 % et s’échangeait autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars à la fin du mois de juillet, dans un contexte de craintes sur l’approvisionnement.
La situation reste néanmoins fragile. Une explosion près d’un pétrolier a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi dans le détroit d’Ormuz par l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, rappelant que le risque d’une escalade n’a pas disparu. L’annonce de la reprise des négociations est perçue comme un premier pas, mais aucun calendrier précis n’a été officiellement arrêté pour un accord global. La diplomatie semble de nouveau reprendre la main sur le militaire, même si un revirement de dernière minute reste possible entre Washington et Téhéran.



