Le maire d’Amiens déclare que Patrick Bruel n’est « pas le bienvenu », après Chartres, Dijon et Strasbourg
Frédéric Fauvet, maire d’Amiens, rejoint ses homologues de Chartres, Dijon et Strasbourg en jugeant que la tenue du concert de Patrick Bruel dans sa ville est inappropriée. Une décision qui intervient alors que plusieurs municipalités prennent position sur l’affaire visant le chanteur.
Le maire d’Amiens, Frédéric Fauvet, a fait savoir que Patrick Bruel n’est « pas le bienvenu » dans sa ville, emboîtant le pas aux élus de Chartres, de Dijon et de Strasbourg. Cette prise de position, rapportée lundi 25 août, intervient alors que le chanteur doit entamer une tournée dans les prochaines semaines et que plusieurs municipalités s’interrogent publiquement sur l’opportunité d’accueillir ses concerts.
Dans le détail, l’édile amiénois estime que la venue de l’artiste dans sa commune n’est pas souhaitable au regard des accusations portées contre lui. Il rejoint ainsi une dynamique déjà engagée par d’autres villes, où les maires ont exprimé leur malaise face à l’organisation de spectacles de Patrick Bruel. À Bordeaux, le maire a jugé le concert « inapproprié », invoquant une « responsabilité collective à respecter la parole des femmes ». À Chartres, la position des élus locaux a également été marquée par cette affaire, certains habitants et responsables politiques faisant part de leurs réserves.
La décision d’Amiens n’est toutefois pas sans susciter de réactions locales. Hubert de Jenlis, figure politique de la ville, a réagi à la prise de position de Frédéric Fauvet, soulignant la complexité du dossier. Si certains saluent une forme de vigilance morale, d’autres rappellent que Patrick Bruel bénéficie de la présomption d’innocence et que ses concerts remplissent habituellement les salles. Le débat divise également le public : des spectateurs interrogés par la presse régionale expriment des avis tranchés, entre soutien indéfectible à l’artiste et refus de voir se tenir un spectacle dans ce contexte.
Cette affaire intervient dans un climat tendu pour le chanteur, dont la tournée suscite des polémiques à chaque étape. Les maires qui prennent position ne disposent toutefois pas toujours d’un pouvoir direct d’interdiction sur les concerts organisés dans des salles privées ou des équipements gérés par d’autres structures. Leur déclaration a néanmoins une portée symbolique forte et peut influencer les organisateurs locaux, les partenaires et le public.
La situation amiénoise illustre la difficulté croissante pour les collectivités de concilier la programmation culturelle, la présomption d’innocence et les sensibilités de l’opinion publique. Alors que la tournée doit se poursuivre, d’autres villes pourraient être amenées à se prononcer dans les prochains jours. Les réactions des habitants, des associations et des élus locaux montrent que le sujet dépasse le simple cadre artistique pour toucher à des questions de société plus larges, notamment la place de la parole des femmes et la responsabilité des pouvoirs publics dans l’organisation d’événements culturels.
Pour l’heure, aucun communiqué officiel de l’entourage de Patrick Bruel n’a été publié en réponse à ces déclarations. L’artiste, qui a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, pourrait toutefois être amené à s’exprimer avant le début de sa tournée. Les prochaines semaines diront si les prises de position des maires restent symboliques ou si elles se traduisent par des annulations ou des reports de concerts dans les villes concernées.


